Alors que la majorité des Parisiens rêvent d’entrer dans des clubs privés hors de prix, la culture alternative propose des soirées gratuites et ouvertes à tous. Un choix entre exutoire sélectif et lieu créatif.
Thierry Théolier sort tranquillement sa flasque de rhum, assis à la cafétéria de la maison des métallos. Il est 19h et c’est l’heure de l’apéro. Personne ne viendra déranger « TH » s’il ne consomme pas car, ce soir, c’est son amie Bagheera Panthère qui est sur scène. Créateur du Syndicat du hype (SDH), il souhaite démocratiser les soirées branchées. Sur son site, syndicatduhype.ning.com, les parias de la vie nocturne s’échangent les plans select. L’objectif : s’amuser sans dépenser dans des lieux inaccessibles sans carte Gold. Le site compte 3 700 adhérents, dont 600 actifs. « Mon obsession, c’est l’ouverture. C’est politique. » Et comme il ne lit plus les journaux, Thierry Théolier utilise les réseaux sociaux, « le seul média valable », pour communiquer. À la recherche permanente d’échange avec le public, il est également organisateur de soirées. TH gagne un peu d’argent « mais pas un max non plus. La vodka est à quatre euros et la bière à trois. Mais si t’es fauché, tu peux ramener ta flasque ». Très loin du vodka-coca à 15 euros au Queen sur les Champs Elysées.
Refuser l’entertainment et choisir l’alternatif, un engagement
Alexandre Gilbert, directeur de la galerie Chappe, ne sort pas beaucoup. À 29 ans, il accuse la mauvaise ambiance qui règne sur la nuit parisienne. Pour lui, les boîtes deviennent « ringardes » faute d’initiative : « C’est un peu le symbole de la réussite des écoles de commerce de province. C’est de la beauferie qui fait vendre de l’alcool ». Plus particulièrement les clubs du collectif La Clique, propriétaire des endroits hype à Paris. « Ceux qui organisent des soirées au Baron ou au Moune ne sont clairement pas des artistes. C’est de l’entertainment, du divertissement », affirme-t-il. Il considère que l’univers nocturne varie selon la politique ambiante. « Actuellement, on est dans l’ère la moins révolutionnaire qui soit. Aujourd’hui, tout le monde est de droite, voire d’extrême-droite. » Dans sa galerie, son objectif n’est pas de multiplier les artistes branchés mais les projets novateurs. Parmi les exposés, des étudiants pakistanais et leurs miniatures traditionnelles, mais aussi Jarvis Cocker , venu signer son livre. « Il trouvait ça plus sympa qu’une promo au JT. »
De son côté, le Cercle Pan a mis la clef sous la porte après trois ans d’existence. Mathilde Tixier et son compagnon, Matthieu Diebler, ont, durant 36 mois, invité les artistes du quartier, lors d’évènements diurnes et nocturnes. Soucieux de l’interaction qu’ils ont provoquée dans le Xe arrondissement, ils se sont enrichis de l’énergie des habitués : des artistes du quartier, des amis, des étudiants. « Un brassage social qui faisait la vraie richesse du lieu ». Même s’ils ont été reconnus par les élus « parce qu’on avait un projet créatif et aucune couleur politique », cela n’a pas empêché les autorités de les expulser l’été dernier. Actuellement dans un logement social du XIIe arrondissement, Mathilde espère retrouver un espace avant la fin de la trêve hivernale. « Je sais qu’on est soutenu par des personnalités artistiques », dit-elle. « Grâce à Pan, je suis passée sur France Culture et au Point éphémère. Ca n’aurait jamais été possible sans cette expérience », confie-t-elle.
La Gare aux gorilles : créatif et confidentiel
Dernier lieu alternatif en date : la Gare aux gorilles, ouvert en octobre. Un lieu éphémère, où le public s’invite chez Michael Abraham, dit Mika. « Moi je dis pas, je fais. J’assume le statut semi-légal. » D’un point de vue juridique, la Gare aux gorilles est un squat, même si Mika préfère le terme de zone autonome temporaire, inventé par l’universitaire Hakim Bey. Le maître des lieux, qui n’exerce pas d’activité professionnelle, récupère les restes et vole à l’étalage. Il loge au premier étage avec Emma, une chanteuse débarquée d’Hawaï. Au total, une quinzaine de personnes s’occupent quotidiennement de l’espace. « Ici, on a quatre impératifs : le confort de Mme Wexter, la voisine de 67 ans, la sécurité du lieu et l’accès au public. Le confort personnel passe en dernier. Ce n’est pas pour rien que les toilettes sont en panne depuis une semaine », plaisante t-il. « La différence avec les boîtes, c’est que le capital financier compte moins que le capital humain. Lors des soirées, le public peut ramener son alcool et l’entrée est gratuite. » La Gare aux gorilles a notamment invité le collectif les Apéroristes, qui « déclare la guerre aux lieux rasants et aux pintes sèches ». Ils dénoncent les boissons chères dans les bars où ils ont été expulsés lors de réunions entre adhérents.

En ce qui concerne la musique, Yoann Bazin, le programmateur, sélectionne les artistes avec soin. « Pour faire un concert ici, il faut que la musique me plaise. Mais surtout, qu’elle soit innovante. » On compte parmi les dernières représentations les Spark Shyver ou encore les Neonbirds. Nicolas Milcent, manager, programme ses artistes à la gare « parce que j’aime beaucoup l’ambiance, l’idée et le courage de ceux qui l’ont crée ». Eric Daviron, habitué des lieux, apprécie la Gare car il peut fumer à l’intérieur et rentrer à pieds chez lui. « Je me sens étriqué dans les boîtes comme le Baron. C’est friqué, non-fumeur et à perpet’, à l’ouest de Paris ! » Au fil du temps, la Gare fait parler d’elle dans les médias. Yoann Bazin s’en réjouit, car « ça accroît notre crédibilité auprès des élus. Notre rêve serait d’obtenir une convention d’occupation temporaire ». En d’autres termes, le sésame qui donne carte blanche aux occupants des lieux. En témoigne la Flèche d’Or, ancien squat, devenue depuis une salle de concerts réputée du XXe arrondissement.
« L’imaginaire où l’on se perd »
En attendant d’obtenir une convention, la Gare a invité Julie Navarro, adjointe au maire du XIXe arrondissement. Elle est intervenue lors d’une émission de Radio Campus Paris, retransmise en direct depuis le salon. « Même si je ne suis pas une habituée des lieux nocturnes, j’aime les espaces habités », confie-t-elle. L’élue se désole de la raréfaction des zones autonomes temporaires à Paris. « Il y a un problème de fond : qu’est-ce qu’on attend de la ville ? Qu’elle pétille, qu’elle soit la ville lumière ! ». Pour ce qui est de l’activité artistique de la Gare, Julie Navarro est très enthousiaste : « La danse et la musique, c’est ce qui nous fait vivre. Après tout la nuit c’est l’amour, l’imaginaire où l’on se perd. »
Annabelle Kajbaf












j’aimerais être l’avocat du diable, le fauteur de trouble chez les fauteurs de troubles, l’agitateurs parmi les agitateurs.
Mon idée est la suivante : est-il nécessaire que ces lieux, ces initiatives, soient de plus en plus nombreux pour qu’il y ai une crédibilité voire une reconnaissance. A mon sens cette ensembles des projets sont crédibles de par leur singularité, et il le serait moins s’ils étaient généralisés.
Paris a toujours vécu comme çà et son charme vient des ses projets alternatifs qui en fait rêver plus d’un.
Pour reprendre les termes de Julie Navarro : « la nuit est l’imaginaire où l’on se perd ». J’ajouterai à celà : « Paris la nuit est imaginaire »
Pardon pour lé fote d’ortograf o fète
goood shit
mortel, sujet mortel. Reste a vraiment connaitre ce milieu. Parce que la politesse c’était le maximum du snobisme pour les Guermantes (à la recherche du tps perdu, Mr de Charlus) Donc je me méfie bcp de ceux qui jouent les pauvres pour mieux les mépriser (je dis ps du tt que c le cas ici) mais j’entends bcp de gens sur Canal qui se la racontent pauvre (chemises à carreaux et tt le bordel) pour mieux enfoncer les gars en CDD
5 euros le vodka-orange à la gare aux gorille, pour info.
4 euros, pour être encore plus précis…
c 4 € la vodka + soft mais le 1er verre est majoré d’un euro… donc 5 € au début de la soirée
mais pour les soirées NIMP du SDH le premier verre est majoré 2 € pour financer « le syndicat du hype » de TH
Quelques photos_
http://fabiocabana.blogspot.com/2009/11/20091122-nimp-party-sdh-thierry.html
http://fabiocabana.blogspot.com/2009/12/nimp-party-n2.html
un post-report
http://standardmagazine.blogspot.com/2009/11/nimp-1-racket-party-sdh.html
par contre, aux soirées NIMP vous pouvez ramener votre alcool aussi = B.Y.F (bring your flask)