Les stages des étudiants en travail social ne seront plus payés !

social

C’’est bien connu, les travailleurs sociaux ne rapportent rien, ils ne sont pas des commerciaux ou  des chimistes qui permettent aux entreprises pharmaceutiques de réaliser des milliards de bénéfices, ils travaillent dans l’humain. Alors inutile de préciser que s’ils sont jeunes, étudiants et stagiaires… Ils n’ont pas intérêt à la ramener. Et voilà qu’une proposition de loi a été déposée pour qu’on leur retire carrément les gratifications de stages. Tous les autres stagiaires seront gratifiés sauf les étudiants en travail social. On croit rêver ! On voudrait leur dire qu’ils ne servent à rien qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Aujourd’hui, ils s’organisent et ils ont choisi StreetGeneration pour publier une lettre ouverte au sénateur à l’origine de cette loi.

Explication de Clément Chappe, étudiant en travail social :

Alors que la question de l’identité nationale fait débat dans notre pays, que le lien social se détériore, que le communautarisme fait des ravages, les travailleurs sociaux sont les garants de la cohésion sociale qui fait la valeur de notre pays. Or le gouvernement envenime la situation. Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que d’attaquer de front les acquis sociaux des futurs professionnels et de saper, au passage, les fondements de leur formation. Car les étudiants en travail social ont particulièrement besoin de l’alternance  (entre théorie et pratique, dispensée sur le terrain) .Mais aujourd’hui, celle-ci est remise en question par le projet de loi visant à ne plus gratifier les stages. On notera, au passage, l’élégance qui consiste à précariser des animateurs chargés de lutter contre la précarité. Il se trouve pourtant que le principe d’alternance est le garant de la qualité de ces futurs intervenants dont l’efficacité est plus que nécessaire. Et par le refus politique d’une quelconque rémunération, c’est le fondement de la profession qui est menacé.
C’est pourquoi nous tentons aujourd’hui de nous faire entendre par le biais de cette lettre ouverte au sénateur Nicolas About, (qui est à l’origine de cette loi) pour que les citoyens de ce pays prennent conscience de la situation actuelle. Pour que nos choix politiques d’aujourd’hui, construisent le monde social de demain.

untitled02LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE SENATEUR NICOLAS ABOUT

Monsieur le Sénateur,

Si nous vous écrivons ce jour, c’est que le moment est venu pour les futurs travailleurs sociaux de ce pays, actuellement en formation, de faire entendre leur voix. En effet, l’actualité politique concernant la remise en cause de la gratification de stage jusqu’en juillet 2012, nous paraît inacceptable.
Les étudiants du secteur sanitaire et social bénéficient d’une formation où l’alternance, (qui conduit à une professionnalisation efficiente) reste primordiale. La qualité de notre métier dépend de la qualité de notre formation. Or la gratification est nécessaire au bon déroulement de notre parcours auquel nous consacrons trois ans de notre vie : il est impossible pour un étudiant étant en stage plus de la moitié de l’année de travailler en parallèle de sa formation pour s’assurer un niveau de vie acceptable. Cette indemnisation est aussi pour nous la reconnaissance du travail que nous effectuons dans les structures, de notre investissement qui s’étend au delà du quota d’heure que nous sommes censés réaliser.
Vus n’ignorez pas, Monsieur le sénateur, que les travailleurs sociaux sont les garants de l’intégrité, de l’adaptation, et de la réinsertion des personnes au sein de notre nation. Ils sont également le tampon nécessaire entre des personnes précaires et les institutions qui les prennent en charge et les accompagnent. Revenir sur nos acquis sociaux est inacceptable, vous ne pouvez pas précariser d’avantage l’accès à des professions indispensables à la paix sociale de notre pays. Vous ne pouvez pas vous permettre de dévaloriser nos formations et ainsi nous relayer au rang de futurs travailleurs de seconde zone.
Nous vous demandons de revoir l’avancée de ce projet de loi qui est une insulte à nos formations et à nos futurs métiers. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et gratifier tous les stagiaires en formation comme indiqué clairement dans le décret n° 2008-96 du 31 janvier 2008, ainsi que dans la circulaire interministérielle n°DGAS/SD5B/2008/141 du 21 avril 2008 relative au financement des gratifications obligatoires de stages étudiants dans les établissements et services sociaux ou médico-sociaux privés dans le cadre des formations initiales préparant aux diplômes de travail social.
Notre pays et notre système politique nécessitent des travailleurs sociaux, sans lesquels la France ne serait pas ce qu’elle est. Nous jouons un rôle de premier ordre pour le maintien du lien et de la cohésion sociale. Il est de votre devoir de nous garantir les moyens financiers nécessaires au bon déroulement de notre formation sans lesquels il nous est impossible de nous former dans des conditions acceptables. Vous ne pouvez pas vous permettre de précariser, d’exclure, de rendre inadaptés des futurs professionnels censés réduire la précarité, l’exclusion et l’inadaptation d’une partie de vos concitoyens.

Nous vous prions de croire, Monsieur, en l’expression de notre déception face à un gouvernement qui balaie d’un revers de main les futurs travailleurs sociaux de notre société.

Les étudiants éducateurs spécialisés de l’ITS, d’assistants de services sociaux de Rockefeller et le CRAETS (Collectif Rhône Alpin des Etudiants en Travail Social).

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10 Commentaires

  1. Bast dit :

    Un métier mal connu que celui des travailleurs sociaux: des travailleurs de l’ombre, agissant en sous-marin pour maintenir et faire revenir le calme, pour favoriser linsertion ou la reinsertion…
    Leur combat est noble et ne mérite que le soutien des concitoyens, et l’écoute de nos dirigeants.

  2. marco dit :

    Qd on voit ce qu’ils vont être payés tte leur vie, on se dit que l’Etat a raison de déjà économiser sur leurs stages… Scandaleux !

  3. Rebecca dit :

    Precariser les travailleurs sociaux est un scandale. Nous assistons à ce mouvement depuis déjà plusieurs années: ainsi les centres d’insertion qui travaillent sur l’insertion sociale et professionnelle des publics les plus en difficulté, sont aujourd’hui animés par des professionels ( formateurs et conseillers d’insertions ) que les centres ne parviennent plus à consolider dans leurs emplois… En effet, les budgets s’amoindrissent d’année en année, les prestations proposées sont aujourd’hui assimilées à des marchés, ce qui permet aux financeurs publics de faire jouer la concurrence entre les structures autrefois sous le régime de la subvention….Et cela n’a d’autre effet que de tirer les prix et par la même les rémunérations et les statuts des professionnels à la baisse!
    Les travailleurs sociaux ( éducateurs spécialisés et assistantes sociales notament) étaient préservés de ce mouvement jusqu’à aujourd’hui, par leur convention collective et leur statut. Mais on assiste à une volonté politique de remettre ce cadre reglementaire en cause, et cela s’illustre par la disparition de cette gratification qui est pourtant obligatoire pour tous les autres étudiants!
    Ils ont donc plus que raison de se faire entendre dès aujourd’hui, bravo pour cette initiative !

  4. Vincent dit :

    bon, c’est un peu démaguo ou poujadiste, je sais, mais faut demander à monsieur About combien il gagne ou si ses enfants sont des travailleurs sociaux ou tout simplement en stage, non ?

  5. Sab dit :

    quel est l’intérêt de supprimer cette gratification seulement pour les étudiants sociaux sinon que de mettre le feu au poudre ???
    le travail des travailleurs sociaux est admirable, il serait bien de ne pas les décourager d’entrée !

  6. hugo dit :

    Maintenant il faut un article pour ttes les entreprises de batards qui respectent pas la loi et qui paient ps les stages

  7. Azadé dit :

    Je pense qu’il faudrait aussi supprimer les abribus, parce que ça coûte cher au Conseil Régional, et qu’au final y’a que les faignants et les vieux – oui, ceux qui nous pompent du fric- qui s’assoient sur son banc. Nan ?

  8. Gaelle dit :

    A ce jour, de nombreux étudiants mangent à peine un repas par jour et vivent dans des chambres miteuses à des prix déraisonnables!!!! Cela doit cesser! Comment peut-on aider les précaires sachant que nous le sommes nous-même!
    Par ailleurs, un stagiaire ne reste pas à une place d’observateur: il travaille et donne un regard neuf aux institutions qui l’accueillent. Il faut arrêter avec le stéréotype du stagiaire « gratte-papier » avec son petit calepin à la main!!

  9. anaïs dit :

    D’accord avec Azade mias daut pas charrier alors on supprime les escalators parce que ça suffit : c’est cher, ça pollue, c’est que pour les paresseux, et y’en a marre maintenant. Bon, maintenant, sérieux, c qui se blaireau là, About ? Alors y’a une catégorie de gens qu’on doit pilonner c’est les médiateurs et les intervenants sociaux ? Alors je vais dire un truc net à Mr About : le seul service public qui reste ds les quartiers, c l’école, parfois la police, les médiateurs de rue et 2-3 commerçants un peu barj’ qui y croient encore (pour une raison étrange). Donc qu’il flingue les intervenants sociaux et il va voir ce que ça va lui couter (pour peu que ça l’interesse)

  10. Pierrot dit :

    Nous les Parents, nous avons souhaité avoir des enfants, qui sont devenus des hommes et des femmes diplomés, voir même parfois surdiplomés.
    Il est important qu’ils puissent vivrent de leur apprentissage au travers des Sociétés et des Structures publiques existantes, mais il est également important que ces Employeurs les considèrent et les reconnaissent comme de véritables futurs professionnels en les rémunérant comme tel, car tout travail mérite salaire.On sait bien que ces gratifications ne sont pas suffisantes pour s’assumer totalement et que bien souvent, nous les Parents nous sommes encore partie prenanet pour leur permettre de conduire à terme leur projet éducatif.
    Si par le plus grand des hasards j’étais lu par un (ou une)chef d’entreprise, un homme ou une femme politique,( enfin quoi :un décideur!), qu’il se souvienne qu’à un moment de sa vie, lui aussi a été étudiant et que des hommes et des femmes de son époque ont su tendre la main pour lui mettre le pied à l’étrier. A bon entendeur, salut!

         

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