Il fallait être complètement givré ou avoir une excellente raison pour sortir samedi soir avec les -10°C qui paralysaient Paris. Mais l’évènement était de taille. Pour la deuxième Gonzaï de cette rentrée 2012, le magazine avait réussi un tour de force. En l’honneur du chanteur Christophe, trois groupes hors normes sont venus célébrer ensemble «le beau bizarre», la thématique de la soirée. Equipé d’un double bonnet, d’une double paire de chaussettes, et de sous-vêtements chauffants de chez chut-chut-pas-de-marque, votre serviteur est allé suivre l’évènement de près et vous ramène quelques clichés des artistes sur scène!
Pour nous, le meilleur de la soirée fut indéniablement le premier groupe à monter sur scène. Phantom & The Ravendove a de quoi surprendre, déjà au premier abord, sur le plan vestimentaire. Le chanteur avec son côté un tiers Joker de Batman, un tiers Cruella et un tiers Robert Smith période noir-de-bouchon autour des yeux, a réussi à attirer toute notre attention. Le guitariste, quant à lui, a donné dans la veste souple bordée de fourrure et de plumes du plus bel effet. La musique du groupe est enveloppante, atmosphérique, romantique, un équilibre savant entre le glam et le rock’n’roll. Comme un voyage dans un espace parallèle à l’ambiance théâtrale. Tout est parfait même si le bassiste semble un peu moins y croire que les autres. Alors que le pianiste se saisit de son violon sur la fin du set, une violoncelliste fait alors son entrée. Là, on se met à craindre le pire. Deux instruments qui d’habitude ont tendance à nous faire monter « la boufaillisse » comme dirait Mado. Étonnamment ce n’est pas du tout le cas ce soir, le mariage des différents instruments est un pur bonheur auditif, les jeux de scène à la fois du chanteur et du guitariste sont très vivants et expressifs. Une excellente découverte.
Pendant la pause, les happy fews, se délectent de quelques cocktails Jack Daniel’s offerts, tandis que les autres, (les fans de Guillaume Fédou), prennent position au plus près de la scène. Pas évident d’accrocher sur une électro à tendance minimaliste et aux sonorités pop des années 80, juste après Phantom. Le chanteur était clairement tendu, et sur le plan vocal plus proche d’Etienne Daho que de Pavarotti. Les premiers morceaux nous laissent vraiment perplexes, heureusement très vite arrive le titre Garçon moderne qui nous redonne le sourire et réveille notre intérêt. Les fans, une poignée, peut-être des amis ou de la famille, ont beau hurler et applaudir des deux mains, on sent que la mayonnaise intello-lunettes-noires-petit-polo-sous-veste-de-costume a du mal à prendre.
Ça sent le steak-frites et il fait toujours aussi froid à la Maroquinerie quand arrive sur scène notre chouchou Alister. La salle commence à déborder, et on apprend que de nombreux invités ne pourront finalement pas entrer faute de place. Alister, c’est un peu le genre de chanteur désinvolte, qui se la raconte. Peut-être a-t-il pris un peu la grosse tête ? Néanmoins, et contrairement au groupe précédent, nous accrochons tout de suite sur les différents morceaux, et c’est le cas de l’ensemble du public également. La hype s’est un peu emparée du groupe ces dernières années, en particulier grâce à deux morceaux qui sont passés en boucle sur toutes les radios : Qu’est-ce qu’on va faire de toi?, dont les paroles ont été largement oubliées ce soir, et Fille a problèmes un titre qui a littéralement mis le feu dans le public.
23h15 Christophe arrive enfin sur scène.
Malheureusement il se met directement au piano, et nous sommes placés du mauvais côté pour pouvoir l’apercevoir. Visiblement un peu éméché, il entame alors une succession de morceaux emprunts d’émotion, uniquement en configuration piano–voix. Après quatre titres à n’avoir deviné que quelques bouts de cheveux entre un verre, un micro et un capot de piano, nous avons préféré lever le camp pour cette fois sans pouvoir ramener une seule image. Dommage.
Les artistes de la Gonzaï II:
William Soragna











T’es parti manger un steak-frites ? C’était vraiment bien Christophe après, notamment (surtout?) le duo avec Loane. En tous cas merci pour tes photos qui sont magnifiques !! A bientôt, Guillaume Fédou (l’intello en polo;)
Merci Guillaume pour ton commentaire. Je suis content de voir que tu as pris mon commentaire avec humour, car il n’y avait en effet rien de méchant. J’étais assez frustré dans mon rôle de photographe de me bouffer le piano, les micros, et le verre qui empechait toute tentative de photographie. Et l’ambiance devenant un peu trashy et surréelle à la fois (avec les insultes) et le froid dans la salle, j’ai preferé mettre les bouts. A une prochaine fois
William Soragna
Venu d’assez loin pour Christophe, j’ai donc découvert (ou subi) les presattions précédentes.
La bonne surprise, pour moi, c’est Guillaume Fedou, dont j’ai beaucoup apprécié les ritournelles eighties, « à la Daho ». Un joli univers, un peu monocorde mais agréable. Sans compter un très joli duo avec Loane sur du Christophe.
Alister, je rejoins l’article, il donne l’impression de se la jouer un peu beaucoup. Sa musique ne me touche pas plus que les paroles très quelconques de la plupart de ses chansons. C’est peut-être le chouchou de quelques minettes mais pour moi, pas de coup de foudre !
Phantom… que dire. Un monde à eux certes, mais dommage que la plupart des paroles soient masquées par la musique. Je ne suis pas du tout sensible au déguisement. J’estime qu’un bon chanteur ne devrait pas avoir besoin d’artifice pour se faire un public. Le meilleur moment : sans doute la présence de la violoncelliste.. à la fois pour la musique et la silhouette
On leur prédit un grand avenir…. allez savoir ?
Enfin Christophe, qu’importe le Jack Daniels, fidèle à son univers à lui tout seul, plein de contrastes, de créativité. Un grand monsieur. Dommage d’être parti avant qu’il quitte son piano, car après il y avait aussi de très jolies choses.
Pour finir je rejoins le commentaire de william. Je fus totalement abasourdi par le comportement de quelques energumènes avinés, insultes, grossiéretés, montée sur scène, sans que la sécurité ne daigne se manifester. Dommage pour l’image de marque de la soirée.
je sais pas si le monde hype en rajoute pas un peu avc Christophe. Je suis pas la meilleure spécialiste et je veux bien entendre que je me trompe mais j’ai un peu l’impression d’une sur-cote
il est au top, avec un univers de dingue, une longévité qui n’appartient qu’à lui et une vraie personnalité d’artiste