30 ans de foi ! The Cure en concert exclusif à Sydney. PHOTOS

Un après-midi ordinaire de 1985, un poste de télé allumé dans une salle à manger, un pré-ado qui avale des vidéos sans saveur, et puis soudain… L’ovni, l’inattendu, le clip déroutant d’Inbetween Days du groupe The Cure. Désormais, plus rien ne sera comme avant ! Ce gamin de 13 ans qui est resté scotché devant l’écran pendant 3 minutes, son cerveau recevant les images de ces fantômes fluorescents sans manifester une quelconque opposition, c’était moi ! J’étais loin d’imaginer à ce moment-là que ce groupe marquerait plus de 25 années de ma vie par la suite. Les moins de 30 ans n’ont probablement aucune idée de ce que je suis en train de raconter, ils n’ont même peut-être jamais entendu parler de The Cure qu’ils confondent parfois avec Kyo, question d’accent anglais. Des années plus tard donc, je retrouve The Cure en Australie.

Le groupe de Robert Smith est pourtant souvent cité en référence par pas mal de jeunes formations qui en revendiquent encore aujourd’hui les influences. Leurs plus grands succès datent des années 80, citons simplement les albums Pornography paru en 1982 et Disintegration en 1989 pour les personnes curieuses de découvrir ces deux albums mythiques. Parfois assimilé par erreur à un groupe gothique, le rock-pop de The Cure est teinté d’autant de noirceur brutale que de couleurs acidulées légères, leur musique distillant une extravagante folie douce. Une trentaine d’années plus tard le groupe poursuit sa carrière et chacun de ses concerts reste un événement comme ce fut le cas à Bercy en 2008.

Il y a environ un mois, il a suffit d’une annonce un peu irréelle sur un site de fans du groupe (http://craigjparker.blogspot.com/) pour créer une véritable agitation mondiale. The Cure donneraient deux concerts exceptionnels à l’Opera House de Sydney afin de célébrer le 30ième anniversaire de la sortie de l’album intitulé Faith et ce dans moins d’un mois! La cerise sur le gâteau étant la présence d’anciens membres du groupe, Roger O’Donnell aux claviers et Laurence ‘Lol’ Tolhurst aux percussions et claviers pour jouer 3 albums en intégralité Three Imaginary Boys, Seventeen Seconds et Faith. C’était trop beau pour être vrai mais deux ou trois jours après, c’est le site officiel qui confirme la même information avec un message de Robert Smith him-self expliquant la genèse de l’événement. La boutade lancée par Lol il y a un an environ au détour d’une interview, n’en était pas une finalement. Mon sang n’a fait qu’un tour, l’idée même de passer à côté de cet événement m’était devenue juste insupportable.

« Comment y aller? », « est-ce que j’ai des jours de congés? », « comment avoir des billets? », « ou dormir? », « que vont encore penser mes « collègues de travail? », « combien ça va coûter? », sont des questions alors complètement reléguées au second plan. La raison n’a pas de place quand il s’agit d’aller assister à un concert de The Cure, fusse-t-il à 17000 kilomètres de Paris, d’autant que les questions trouvent rapidement des réponses simples. Pour les billets on guette les pre-sales, assisté par un réseau international de fans amis, pour le voyage, ben on achète des billets d’avion, pour dormir, on réserve une chambre d’hôtel et pour ce qui est des collègues, on s’en tape !

En quelques jours à peine, l’aventure australienne devient une réalité. Ce qui serait encore plus fantastique, ce serait de pouvoir partager ce périple avec quelques fans français qui n’auront pas la chance de le vivre, et pourquoi pas ramener en plus quelques images pour l’illustrer. Je décide de formuler une demande d’accréditation photo auprès de l’Opera House aidé par l’agence photo Dalle (www.dalle.fr). La réponse ne se fera pas attendre: le concert sera filmé et il y aura donc aucun photographe autorisé dans la salle. Une mauvaise nouvelle dans un sens mais qui confirme également la réalisation d’une vidéo pour ce concert événement.

Just Like Heaven
A partir du moment où j’ai mis les pieds dans l’avion, le temps s’est suspendu. Le voyage, l’arrivée sous la pluie, les rêves de palmiers à demi effacés, la joie et les rencontres avec les autres fans, la beauté du site, l’atmosphère hyper cool de Sydney, sont autant de sentiments qui se mêlent dans votre esprit, et qui vous rendent béat. Et puis subitement, c’est le retour aux réalités, un coup de fil inopiné sur le portable la veille du premier concert. Comme si je n’étais pas suffisamment excité comme ça, Helene, la responsable communication de l’Opera House au bout du fil m’annonce l’inespéré. Je n’en crois pas mes oreilles: le groupe autorise quelques photographes à pouvoir faire des clichés lors du sound-check du premier soir ! Cette fois c’est sûr, je plane !

Mes souvenirs des deux jours qui ont suivis ne sont que très partiels, plus qu’une succession d’images et d’émotions. Les pèlerinages de pubs en pubs, la séance de sound-check réservée aux happy fews, les tee-shirts custom, le groupe plus généreux que jamais sur scène, des concerts extraordinaires de plus de 3 heures chaque soir, Robert à l’harmonica et ses attitudes enfantines, la banderole pour l’anniversaire de Simon, Jason parfait de bout en bout, Laurence et sa fausse note, Roger le magicien qui ressuscite le son authentique de 1980, des prestations d’une qualité incomparable, la robe blanche de Nathalie, les terrasses chauffées (et oui, c’est l’hiver la-bas!) et les illuminations de l’Opera House…Le petit bonus pour les fans du monde entier: ils ont pu ressentir en quasi simultané ce qui se passait pendant le concert et cela grace à quelques spectateurs dévoués équipés d’e-devices connectés sur la toile par le réseau WiFi gratuit proposé dans la salle de concert. Ainsi, le deuxième soir, ils ont pu voir et entendre des morceaux du live sur youtube alors que le groupe était toujours sur scène. De quoi attenuer le sentiment de frustration pour certains qui n’avaient pas pu effectuer le déplacement.

Never Enough – l’épilogue
C’est déjà fini ? Comme tous les moments merveilleux, il sont par essence éphémères. L’impression d’avoir assisté à un événement unique et magique à la fois implique irrémédiablement une sensation de déprime passagère post-concert. Heureusement les quelques messages lancés par Robert Smith à l’issue des prestations ont rassuré les fans, qui rêvent maintenant à un prochain concert exceptionnel ou le groupe pourrait jouer en intégralité 3 autres albums The Head On The Door, Kiss Me Kiss Me Kiss Me et Wish. En attendant, tout le monde a pris rendez-vous le 10 septembre prochain pour un show du groupe au festival de l’Isle de Wight, et espérons également une sortie du blu-bay des concerts de Sydney avant la fin de l’année. Et pour ceux qui n’en ont jamais assez, qui souffrent d’un manque, ils peuvent suivre une électro-thérapie de choc en retrouvant la voix si singulière de Robert Smith sur deux singles dans l’actualité toute relative. D’une part avec le groupe Crystal Castles pour une reprise de Not In Love, et d’autre part avec les Japanese Popstars qui ont également le chanteur de The Cure en featuring sur leur prochain album sur le titre Take Forever. Si vous aimez vous tremousser dans votre cuisine sur des beats électro de la même façon que Robert aime le faire, ces deux skuds en complet décalage avec ses propres productions sont pour vous !

Les photos du sound-check du 31 mai 2011, Opera House de Sydney:

(Toutes les photos sont disponibles au pres de l’agence photo DALLE, www.dalle.fr)

Splintered In Her Head, 1er juin 2011, Opera House de Sydney:

Plus d’informations:
The Cure, site officiel www.thecure.com
Le Bestival de l’isle de Wight www.bestival.net
William Soragna

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6 Commentaires

  1. Bernard Abouaf dit :

    trés beau texte… Sincère, comme l’est william

  2. barbara dit :

    Je faisais partie de ceux qui suivaient en leger differe l’evenemet a longue distance et……..MERCI! Je ne le dirai jamais assez! Les photos du soundcheck: MERCi, la track list MERCi. Je savais ce 31 mai que je ratais l »événement… Quelle surprise, quelle chance quand j’ai vu tes posts sur face book!
    MERCI!

  3. florient dit :

    j’ai jamais acheté l’idée du groupe gothique. C’était pas leur époque d’ailleurs. Et y’a une forme de tendresse ds Cure. Les araignés et tt ça, c presque en plus. comme un délire d’ado, on a envie de dire que c pas le sujet. Cure remue et crée.

  4. jc dit :

    Tres bel article, merci…une copie presque conforme de mon experience, sauf mes 18 ans a la sortie de InbetweenDays et le fait que je faisais pas parti du sound check…mais je me suis pose les meme questions(et ai eu les meme reponses)…et les 4 lignes du paragraphe Just like Heaven sont exactement les sentiments que j’ai ressenti1

  5. Denise dit :

    ça fait plaisir de voir des vrais fans purs et durs. Fan de Cure en plus ça a une autre gueule que d’être fan de Lady Golmon, heu pardon, GAGA.
    Et en plus lire ton article m’incite à commencer ma matinée avec Pornography. Pour tromper le stress, l’angoisse de ne pas être à la hauteur, les inhibitions, Cure est forcément thérapeutique.

  6. Corinne dit :

    Sincère et authentique…

         

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