Pigalle et Sharita Manush à la Maroquinerie, leçon de style suivie par StreetGeneration

_DSC4316 copyPigalle en concert à la Maroquinerie ce 24 novembre, enfin!  Des années que nous suivons ces poètes  du quotidien aux allures de roadies. Plus de 500 concerts à leurs actif, des fans fidèles depuis des années, le phénomène est hors norme. François Hadji-Lazaro, le leader bien connu du groupe n’est jamais là où on l’attend: de la musique (Pigalle, le label Boucherie productions, le groupe Les Garçons Bouchers pour ne citer qu’eux) au cinéma,  ce nom nous est familier depuis 1982. Peu d’artistes durent aussi longtemps sans armada marketing, sans  promo massive,  sans grands médias complices, mais grâce à la scène et aux fidèles de tous âges et horizons. Streetgeneration ne pouvait pas manquer un tel rendez vous  (merci à Open Bar de nous avoir permis de vivre ce moment!).

Une première partie enthousiasmante !

_DSC3214 copyImpossible tout d’abord de ne pas s’arrêter sur le groupe qui officie en première partie: les bordelais Sharita Manush, qui ont ouvert le bal des émotions ce soir là. Entre Ennio Moricone et un rock psychédélique d’excellente facture, le duo a clairement conquis la Maroquinerie qui ne s’attendait pas à autant de plaisir. Avec Sonia Courjaud aux percussions et Emmanuel Jacobs à la guitare et chants, nous nous sommes laissés emporter par des sonorités ésotériques et terriblement actuelles. Sonia Courjaud est hallucinante de présence sur scène. De son regard de braise, avec sa folie intérieure, elle nous atteint immédiatement. Corps et tambours ne font qu’un sur scène pour nous transporter vers des rives mystiques et des danses chamaniques. Quelle force! Emmanuel Jacobs lui, ouvre les portes de ce voyage initiatique, et nous accompagne de sa voix unique, forte, entêtante et sensuelle. La Maroquinerie qui en a vu pourtant d’autres, est complètement sous le charme de ce duo inconnu pour nous jusqu’à ce jour .

Quelques liens pour faire durer le plaisir :

http://www.myspace.com/sharitahmanush

SharitahManush sur faceBook

Pigalle, une salle comble pour un public comblé.

_DSC4170-2 copyPuis vient l’heure du pourpre et du manège à instruments, l’heure où toutes les musiques se mêlent, l’heure de Pigalle ! La salle est comble et comblée de bonheur dès l’apparition de François Hadji-Lazaro sur scène . Des années que le bonhomme hante et domine la scène musicale francophone, des années que le public le suit dans sa démarche si peu formatée, entre rock ou punk et chanson réaliste, des Garçons bouchers jusqu’au groupe Pigalle, le combo que François a reformé en novembre 2007. La démarche est sincère et créative, on le sait loin de toute compromission aux lois du marché. L’ intelligence des mots elle même est brillante mais ceci ne suffit pas pour faire un concert, Paris est donc une des escales attendues de cette tournée impressionnante et qui a vu le groupe aligner plus de 59 concerts ces derniers mois. Pigalle -et à notre connaissance c’est une première à Paris- propose ce soir l’intégralité de son dernier album « Des Espoirs » ainsi que les titres emblématiques du groupe .

La salle connait son « Pigalle » sur le bout des doigts!

Le concert: du slim et cuir au complet veston, du people à l’anonyme de province, tous les publics semblent s’être donnés rendez-vous ce soir à la Maroquinerie. Dès le premier morceau, c’est une grande clameur qui emporte la salle pendant que s’illumine le manège à instruments et que les membres du groupe prennent place. S’ensuit un set nerveux et ironique où François et les membres du groupe ( Robert Basarte aux guitares, Jean-Charles Boucher à la basse, Svahn aux synthétiseurs, François J. aux percussions) jouent de plus d’une vingtaine d’instruments et même des violons, banjos, cornemuses avec des sonorités qui remuent les tripes. La salle connait à l’évidence son « Pigalle » sur le bout des doigts et rit ou s’émeut des textes de du groupe. C’est la vie dont on parle, celle de tous les jours, pas celle de la télé, celle des rues de Paris, de Pigalle, à Barbes, la vie des émotions vécues, des souvenirs émus, des matins glauques, des colères et des joies intenses aussi. François Hadji-Lazaro réussit à nous transmettre ses émotions et ses emportements d’un regard ou d’un mot , contre le pape par exemple:« Le pape a dit plastique tu ne mettras pas / Pendant ce temps roule roule sida. »

Du pogo et des émotions.

_DSC4667Dès le 3eme morceau, la salle est un immense pogo joyeux et une partie du public monte sur la scène, avec cette belle envie de partage que seuls les grands artistes provoquent. Chacun ici dévore Pigalle morceau par morceau, attendant déjà le titre suivant. Moment assez troublant où un public de tous univers confronte ses souvenirs et les morceaux qui les ont accompagnés, avec l’artiste et ce qu’il en fera sur scène. De « il te tape » à « chez Madame Eulalie » c’est la vie qui défile sous nos yeux, forte et belle, lucide aussi, avec une halte que tout le monde réclame depuis le début du concert « au Bar-tabac de la rue des Martyrs , là où il y a des gars tatoués qui racontent leurs souvenirs « … L’émotion est forte, les yeux brilllent dans la salle, François et ses compères se donnent entièrement .« Trop top » ne cesseront de répéter les premiers rangs durant tout le concert. Et c’est après des rappels qu’on aimerait ne pas voir finir que s’achève la soirée, chacun s’éloignant doucement, des étoiles dans les yeux. Métro ligne 2, stations Barbes, Anvers, Pigalle, la vie continue pour votre serviteur aussi, rue des Martyrs. Hasard ?

Mauro Melis.

Quelques liens  pour découvrir ou redécouvrir Pigalle:

Le site de Pigalle ( avec les dates de la tournée en France) :

Tous les albums de Pigalle:


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A propos de Mauro Melis

Reporter avec des mots et des photos pour StreetGeneration. Accessoirement Directeur de la Rédaction :)
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1 Commentaire

  1. claude dit :

    Putain Pigalle. ce mec avraiment quelque chose, je crois que c’est l’un des premiers contestataires vraiment roots que j’ai pu écouter (je le mets genre dans la catégorie mano negra ou les negresses vertes, en tt cas ds cette période) Avec un vrai discours politique et l’amour de la musique

         

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