Deux journalistes, un Français et une Américaine, ont été tués dans le pilonnage de la ville rebelle de Homs. Le photographe Rémi Ochlik et la reporter Mary Colvin ont perdu la vie aux côtés de 13 civils syriens dans une attaque menée par les forces du régime de Bachar al-Assad. Le drame intervient alors que la communauté internationale tente depuis des jours d’acheminer une aide humanitaire d’urgence dans ce secteur, épicentre de la contestation dans le pays.
Âgée d’une cinquantaine d’années, la journaliste américaine Mary Colvin, était grand reporter au service étranger de l’hebdomadaire britannique Sunday Times. Le photographe français Rémi Ochlik (28 ans) travaillait, lui, pour l’agence IP3 Press. Tous deux se trouvaient dans un appartement du quartier Baba Amr, qui avait été transformé en « centre de presse » par des journalistes entrés clandestinement dans la ville. Selon des militants opposés au régime, trois ou quatre autres journalistes étrangers ont également été touchés dans cette attaque. Le quotidien Le Figaro a indiqué que la journaliste française Edith Bouvier faisait partie des blessés.
Depuis le début de la révolte populaire, le 15 mars 2011, trois journalistes occidentaux ont perdu la vie dans les combats.
Le 11 janvier, le Français Gilles Jacquier était le premier fauché. Alors que sa mission se déroulait sous la protection des forces du régime, il avait perdu la vie dans des conditions similaires, suite de la chute d’un obus sur Homs. Le régime baassiste continue d’attribuer les violences à des groupes terroristes soutenus par l’étranger. Depuis le décès de Gilles Jacquier les autorités syriennes ont restreint drastiquement les mouvements des journalistes dans le pays mais plusieurs reporters continuent d’y entrer clandestinement.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 13 civils syriens ont eux aussi été tués dans la matinée à Baba Amr. Après 11 mois de violence, le dernier bilan des victimes s’élève désormais à 7.600 morts, parmi lesquels une majorité écrasante de civils.
Surnommée la « capitale de la révolution », Homs est devenue le symbole de la répression menée par les forces de sécurité. Bombardée à l’artillerie lourde depuis le 4 février, la situation humanitaire y est devenue dramatique. Depuis deux jours, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appelle à une trêve quotidienne de deux heures afin que la communauté internationale puisse y acheminer l’aide humanitaire nécessaire à la survie des civils. La Russie, qui n’est pourtant pas prête de lâcher son allié syrien, s’est, elle aussi, prononcée en faveur de cette mesure.
Selon des militants, l’armée syrienne libre (ASL) tente d’approvisionner la ville en nourriture et d’assurer un refuge aux habitants de Baba Amr. Mais selon eux, la mission est constamment perturbée par les forces du régime, «qui tirent sur tout ce qui bouge». Ils affirment également que 90.000 personnes se trouvent toujours dans le quartier. «Nous avons des stocks de nourriture dans les immeubles, mais plusieurs personnes ont été tuées en allant les chercher. C’est presque du suicide. Dans l’hôpital de campagne, il y a trois médecins et 20 infirmières et très peu d’équipements médicaux», ont-ils souligné. Les observateurs craignent que la situation ne s’aggrave davantage. Un nouveau convoi de 56 chars prenant la direction de Homs a été aperçu hier. L’OSDH redoute qu’un assaut final ne soit donné dans les prochains jours.
Face à cette escalade, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l’opposition, a lancé un appel aux participants de la conférence internationale sur la Syrie, prévue vendredi à Tunis. Il demande en particulier que l’on n’empêche pas les pays qui le souhaitent « d’aider l’opposition en envoyant des conseillers militaires, en entraînant (les rebelles), et en leur fournissant des armes pour se défendre ».
Albelle Di Napoli










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