DEUS : L’interview StreetGeneration

A l’occasion du passage de Deus à Reims, StreetGeneration s’est entretenu avec Mauro Pawlowski, guitariste du groupe.

StreetGeneration : A l’occasion de votre retour avec ce nouvel album ‘Keep you close’, vous sortez un album plus simple contenant moins de tensions que sur le précédent. On dirait que tout va bien entre vous, ce qui ne fut pas toujours le cas dans le passé. Peux-tu nous en parler ?

Mauro Pawlowski : Il est possible que nous soyons un peu plus matures que sur le précédent album, mais c’est parce que nous vieillissons (Rires). Il n’y a vraiment aucune tension entre nous. Si la tension existe, elle est uniquement artistique et je pense que nous avons besoin de cette excitation afin de pouvoir sortir de bonnes chansons. Nous avons pris beaucoup de temps pour l’écriture de cet album. Cela nous a pris quasiment deux ans. Pas d’une manière continue, mais nous avons énormément travaillé sur ce disque pendant deux années entières à expérimenter des choses. Parfois, ce fut assez compliqué d’avancer dans la composition des chansons mais il y a eu des moments où tout fut très prolifique. Et en définitive, je crois qu’avoir passé deux années sur ce disque ce n’est pas si long. Lorsque je lis des interviews d’autres groupes anglais ou américains dans la presse, il est fréquent d’apprendre que passer deux ans à l’écriture d’un album, c’est relativement normal. Dans les sixties, tout allait beaucoup plus vite, mais cette période est un peu révolue.

StreetGeneration : Si je ne me trompe pas, vous avez expérimenté toutes les chansons de cet album en live avant sa sortie. D’où vous est venue cette idée et ce que vous avez abandonné certains morceaux ?

Mauro Pawlowski : Nous avons joué dans plusieurs festivals cet été et nous avons joué à cette occasion une bonne partie de ces nouvelles chansons. Finalement, à l’exception de deux ou trois chansons qui ne furent pas joué, tout l’album fut interprété en live avant la sortie de celui-ci. Ce qui pour nous, est finalement une bonne chose. Il ne restait plus qu’à travailler deux ou trois chansons de l’album pour la scène. Parfois nous avons répété les morceaux très longtemps, mais en définitive leur version finale se retrouve très différente des premières fois que nous les avons joués. C’est toujours un exercice difficile de jouer des chansons qui ne sont pas sorties sur un disque. Le public préfère la plupart du temps voir et écouter des chansons qu’il connaît. Lorsque ce n’est pas le cas, il est un peu perdu. C’est un peu comme lorsque tu écoutes pour la première fois une nouvelle chanson avec des amis dans une voiture. Tu la trouves super, mais tes amis ne réagissent pas et là tu dis : ‘Mince ce n’est peut-être pas si bon que ca’ (Rires). Quand on joue live, c’est vraiment pareil.

StreetGeneration : C’est la première fois que vous sortez un disque avec moins de 10 chansons dessus (9 très exactement). Y a-t-il une raison particulière à cela ?

Mauro Pawlowski : Il y a un morceau qui fait plus de six minutes et deux autres dans les cinq minutes. L’album n’est donc pas court. Au début nous voulions sortir un double album dans un style un peu démodé. L’ordre des chansons sur le disque a beaucoup d’importance, c’est un peu comme une journée qui passe avec sa dynamique. Une chanson douce, une chanson rapide, une chanson lente… Nous sommes conscients que les gens veulent télécharger de nombreuses chansons. D’ailleurs il m’arrive de télécharger. Mais finalement nous avons préféré garder une formule classique pour ce disque.

StreetGeneration : ‘Keep you close’, le morceau d’ouverture de votre album semble avoir une connexion avec ‘Easy’ le morceau qui le conclut. Est-ce le cas ?

Mauro Pawlowski : Le premier titre de l’album est un des premiers morceaux de l’album que nous avons composé. Nous avons très vite estimé que cette chanson serait un morceau parfait pour démarrer le disque. Il y a un côté très cinématique. C’est un peu comme une mise en scène et cela permet à l’auditeur de pénétrer dans notre monde.
Lorsque nous avons composé l’album, nous voulions trouver un bon morceau pour terminer ce disque. Toujours dans une optique cinématographique, mais cette fois pour la fin d’un film. D’une manière très consciente nous avons donc décidé d’écrire une chanson en ce sens. Nous l’avons composé avec violence, avec de belles guitares, et en pensant également au fait que nous devrions terminer nos concerts de cette manière.

StreetGeneration : Pour vous le morceau d’ouverture de l’album est-il important ? ‘Bad timing’ par exemple était une superbe entrée en matière.

Mauro Pawlowski : Oh oui ! Le premier morceau est là pour défoncer la porte de votre living room et imprégner totalement l’endroit où vous écoutez le disque.

StreetGeneration : Pourquoi avez-vous choisi cette pochette ?

Mauro Pawlowski : Nous avons trouvé cette photo dans un vieil exemplaire du journal The Guardian. Le journal est ancien, mais la photo est, elle, très ancienne. Le journal trainait dans notre bus. Nous avions déjà décidé que l’album s’intitulerait ‘Keep you close’. Quelqu’un du groupe a découvert cette photo par hasard, et nous avons trouvé que cela correspondait bien avec l’esprit du disque.

StreetGeneration : Pour ce disque, vous n’avez pas succombé au côté electro de Magnus (side project de Tom Barman) ? Malgré quelques claviers sur le disque, Deus reste un groupe de guitares.

Mauro Pawlowski : Sur cet album, nous avons vraiment travaillé tous ensemble, comme un véritable groupe uni. Nous avons partagé nos idées ensemble du début à la fin, sur les mélodies, les chordes, les diverses idées qui nous venaient. Tous les membres du groupe ont apporté leur contribution à chaque morceau de l’album, que ce soit dans les arrangements ou dans le chant. Nous sommes des musiciens de l’ancienne école et nous devons jouer avec nos instruments pour créer quelque chose. Les claviers pour composer ce n’est pas vraiment notre truc.

StreetGeneration : Est-ce qu’on peut espérer une sortie deluxe de ‘In a bar, under the sea’ ?

Mauro Pawlowski : C’est possible. Nous avons enregistré beaucoup de morceaux pour cet album, mais ils ne trouvaient pas leur place sur celui-ci. Nous avons donc pas mal d’inédits et deux EP devraient voir le jour au printemps 2012. Le premier sera composé de chansons qui sont très très pop. Pour le second, nous avons des chansons plus groovy avec pas mal de basse. Certaines sonnent comme si nous avions joué avec un Ghetto Blaster (Rires).
Je pense que ‘In a bar, under the sea’ sortira avec des radios sessions, des lives, des versions différentes. Tout dépend maintenant de la maison de disques. C’est parfois un peu compliqué pour l’édition des cd, pour des histoires de droits. Mais je pense que ça sortira un jour.

Emmanuel STRANADICA

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3 Commentaires

  1. [...] A l’occasion du passage de dEUS à la Cartonnerie de Reims, le site Street Generation a interviewé Mauro. [...]

  2. honore dit :

    c marrant l’histoire de la photo trouvée dans le bus. et après, ou avant, ya des années de travail. ils font un taf qu’on connait pas, c dur. il faut une foi de guedin’

  3. vanessa dit :

    j’aime quand Deus ose sortir de ses gonds et je trouve trés crâne de reprendre « Man Down » de Rihanna.

         

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