Anonymous : mobilisation européenne contre le projet ACTA

À l’appel du collectif Anonymous, des centaines de milliers de manifestants ont défilé samedi partout en Europe, pour dénoncer les atteintes aux libertés sur internet. En ligne de mire : l’accord européen ACTA sur la contrefaçon. Si la préfecture de police n’a dénombré qu’environ 1.000 manifestants dans les rues de Paris, ils étaient des dizaines de milliers à Munich et à Berlin, plus de 3000 à Prague, à Vienne et à Sofia.

Des milliers de manifestants anti-ACTA ont ainsi répondu à l’appel du collectif, lancé dans 36 villes de France. De source policière, ils étaient 450 à Lyon, 200 à Lille et à Rennes, 150 à Bayonne, une centaine à Poitiers, à Reims, et à Tours, 70 à Dijon, une quarantaine à Rouen et Angers, quelques dizaines à Marseille … Armés de pancartes et avançant le visage masqué, ils réclamaient le retrait immédiat de l’accord international de lutte contre la contrefaçon, l’ACTA. Alors que la loi française interdit de dissimuler son visage sur l’espace public, rappelons que le choix d’arborer le désormais célèbre masque des « Anonymous » n’est pas anodin. Devenu l’emblème des cybermilitants, le symbole est inspiré de la bande dessinée, puis du film, V pour Vendetta, un hommage à la lutte pour la liberté, contre tout régime répressif.

« C’est sous couvert d’anonymat que la révolution est née », lisait-on sur certaines pancartes, dressées au-dessus du cortège parisien. Une allusion aux méthodes spectaculaires revendiquées par les pirates informatiques du collectif, et particulièrement à leurs actions, qui se sont multipliées ces dernières semaines à travers le monde La foule jeune, plutôt masculine et largement vêtue de noir, a défilé dans le calme de la place de la Bastille vers le nord-est de Paris. La plupart d’entre eux ont été mobilisés via internet, les réseaux sociaux essentiellement, et par le bouche à oreille. « On est plus nombreux qu’il y a quinze jours et on se battra jusqu’à ce que l’accord ACTA soit retiré », a expliqué à l’AFP un manifestant en tête de cortège. Mais cette manifestation était aussi une mise en garde, voire un simple rappel pour certains. « Si ACTA est voté : Wikipédia, Youtube, Mediafire… » autant de sites qui pourraient un jour disparaître.

L’accord ACTA a été signé jeudi 26 janvier à Tokyo par 22 États membres de l’Union européenne, et 12 autres pays. Négocié dans le plus grand secret entre 2007 et 2010, ce texte devrait être soumis au vote du Parlement européen en juin, et sauf grande surprise, il devrait y être adopté. Créant des normes internationales pour la protection de la propriété intellectuelle et des droits d’auteur, il est dépeint par ses détracteurs comme une atteinte extrêmement grave à la liberté d’expression et aux droits des utilisateurs d’internet. Selon le site d’information alternatif Rezo Citoyen, le projet ACTA constituerait une « véritable feuille de route pour des projets comme SOPA et PIPA, [qui permettrait de créer] de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet (FAI) à surveiller et à censurer les communications en ligne ». Ils craignent par ailleurs qu’ »au nom du droit des marques et des brevets, [l'ACTA] ne freine l’accès aux médicaments génériques dans les pays pauvres ».

Pourtant, tandis que la contestation gronde dans les rues d’Europe (Pologne en tête), en France la multiplication des manifestations et la menace de nouvelles actions de piratage informatique ne semblent pour le moment pas inquiéter le gouvernement. Une nouvelle manifestation est prévue pour le 25 février.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=oqxjxbEiQMA[/youtube]

Albelle Di Napoli

Si vous avez aimé cet article, aidez nous en le partageant !
A propos de Albelle Di Napoli


Voir les autres articles de

4 Commentaires

  1. mathilde dit :

    un sentiment de malaise comme pour wikileaks : un truc diffus, on sent la volonté de bien faire et on connait pas ces types. Pas d’élections, pas de bureau, pas de contestation possible. On connait pas les cibles et qui les définit. c un peu chelou et les objectifs personne les connait

  2. clement dit :

    si tu mets une cagoule, c que t’as quelque chose à cacher.. aux flics, si tu mets un masque, c que tu veux m’impressionner… moi et mathilde a raison

  3. Anonyme dit :

    je pense que si on se bouge tous, internautes, le derche (pour une fois), on peut faire tomber ca.
    les gouvernements ont toujours peur des foules qui grondent (exemple : avez-vous vu un membre du gouvernement grec s’adresser a la foule, recemment ?)

  4. Motoko dit :

    Apprenez déjà à différencier hack de piratage avant d’écrire de tels articles…

         

StreetGeneration.fr
Contact   |   CGU   |   Charte d'utilisation   |   A propos  |   Se connecter
Copyright © StreetGeneration - Designed Mauro Melis & Eurekart - Maintained by Shocksite
//